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  • Photo du rédacteurGerel

Bhoutan, 32ans d'hypocrisie.

Dernière mise à jour : 17 oct. 2022

Ce magnifique pays où la nature et la religion bouddhiste prédominent. Le Bhoutan se targue d'être le seul pays au monde à avoir un PIB basé non sur les richesses mais sur le bonheur de ses habitants. Evidemment, dans les agences de voyage ou dans les émissions tv, l'idée fait rêver. Mais comment être heureux dans une région du monde où un roi ultra nationaliste s'est permis d'expulser tous les habitants qui ne correspondaient pas à sa vision de ce qui devait être un "bon" Bhoutanais. Et c'est ainsi qu'en 1985, le roi Jigme Singye Wangchuck, sous prétexte de vouloir unifier le Bhoutan, a chassé du pays environ 100 000 Lhotshampas de religion hindouiste. Ils ont perdu leurs terres et leur nationalité, se retrouvant donc apatride et accueillis par le Népal dans des camps de fortune sans perspective d'avenir.


Voici les conditions de vie dans ces camps de refugiés, où des hommes et des femmes ont été oubliés de notre histoire contemporaine :



Des milliers de petites cabanes de bambou avec pour seule isolation des morceaux de journaux collés contre les parois et ne possédant pas d'eau. Des maisons où vivent des familles souvent nombreuses.




Le regard d'un enfant en dit toujours beaucoup.

Seul quelques accès à l'eau pour des centaines de familles.

Il en est de même pour les toilettes avec tous les risques sanitaires que cela comporte (infection, contamination des eaux, etc, etc...).


Une telle situation oblige les enfants à travailler afin d'aider leur famille.

Quand il y a de la détresse, le trafic humain n'est pas rare.

Distribution de nourriture par les associations.


Avec un centre hospitalier sans matériel ni équipement, les équipes font du mieux qu'elles peuvent, quasiment sans moyen.



De nombreux cas de rougeole, de scorbut, de tuberculose et bien d'autres maladies épuisent ces équipes médicales sans médicament et sans vaccin.


Des cabanes de bambou collées les unes aux autres. Ce n'est pas rare que des incendies démarrent et créent un brasier quasiment inarrêtable. Les équipes de pompiers courageux arrivent parfois à stopper cet enfer, malgré du matériel vétuste et une formation pratiquement inexistante.





Un feu ravageant tout et laissant derrière lui un désespoir pesant.



Enfant regardant une chèvre brulée qui était resté attaché durant l'incendie.




Quand je vois ce qui s'est passé dans ces camps durant plusieurs dizaines années, je trouve la phrase du roi Jigme Singye Wangchuck « Ces sujets ne sont pas les miens », plutôt indécente venant du souverain du pays des gens heureux.


Epilogue


Heureusement depuis 2010 des pays tiers ont commencé à accueillir les Lhotshampas,

en particulier les Etats-Unis qui, en 2017, en ont accueilli plus de 90 000. Première vraie perspective d'avenir pour tous ces gens après plus de 32ans de souffrances et de désespoir.



Un énorme merci à mon ami Yann S. pour son aide et son soutien durant ce reportage ainsi qu'à tous les témoins qui nous ont acceptés et aidés à réaliser cet article.
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